3 bonnes raisons de dire et faire dire des devinettes

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1. Partager un joyeux moment !

Dans les classes de maternelle où j’ai enseigné, le rituel des devinettes était très apprécié ! Ce court moment se déroule dans la joie et la bonne humeur. Les enfants sont concentrés et impliqués, ils ont à coeur de proposer une réponse !

Conseils de mise en oeuvre :
– durée très courte (environ 5 minutes)
– temps ritualisé (ex: juste avant la pause déjeuner)
– se mettre d’accord sur le nombre de devinettes (ex: 2 devinettes posées par l’enseignant, 1 par un élève)

Quelles devinettes ?
– utiliser un support existant (ex: Jocatop: différents critères au recto, la réponse au verso)Devinette Jocatop
– à inventer selon ses objectifs

Pour des exemples riches et divers, je vous invite à lire l’article « Le Qui est-ce ? pour tous les niveaux du primaire » sur le blog de Soizikel.
(exemples: faire deviner un mot, un nombre, une forme géométrique, un lieu)

2. Développer le raisonnement des enfants

Les doigts se lèvent et les réponses fusent: les propositions ne manquent pas ! Si le jeu des devinettes est tant apprécié, c’est notamment parce que les enfants peuvent facilement entrer dans l’activité (à condition que les erreurs ne soient pas stigmatisées). En revanche, trouver la réponse n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

Quelles sont les activités mentales en jeu ?

a. Evoquer

Jusqu’à 5 ans, la pensée symbolique se développe. Les enfants apprennent à se représenter un objet absent, une personne absente, une situation passée ou future.

Ecouter une devinette puis chercher une réponse possible, c’est faire appel à ses représentations mentales. L’évocation est une première forme d’abstraction à développer.

b. Catégoriser

Une devinette commence souvent par un nom qui indique dans quelle catégorie chercher.
« C’est un légume », « c’est un ustensile de cuisine », « c’est un vêtement »

Lorsque c’est l’enfant qui produit une devinette, les retours de ses camarades vont l’amener à catégoriser pour s

c. Combiner plusieurs critères

Une devinette est composée d’un ensemble d’indices qui sont à mettre en lien.

Lorsqu’un élève donne une réponse, je lui demande de la justifier: « Je pense que c’est un lapin parce qu’il a des poils. »

J’ai pu observer que pour les élèves de Moyenne Section, il est difficile de prendre en compte plusieurs critères en maintenant. Souvent, ils s’arrêtent au premier indice. On reprend alors l’ensemble des indices pour voir si la proposition est pertinente: « C’est un animal – Oui – qui a des poils – Oui – il aime grimper aux arbres – non donc cette proposition ne peut pas être retenue… »

L’élève va apprendre à dépasser sa première idée, à laquelle il s’arrête souvent pendant la lecture de l’énoncé, pour la faire évoluer en fonction des indices suivantes et des remarques des camarades.

d. Faire des inférences

Elle peut être de différents ordres.

  • Une construction d’énoncé avec une négation implique de déduire son contraire.
    « C’est un légume. Il ne pousse pas dans la terre… »
  • Ce peut être une déduction à partir d’un indice implicite dans l’énoncé.
    « C’est un personnage de conte. Elle traverse la forêt… » Le pronom « elle » donne l’information que c’est une personne de sexe féminin que l’on recherche.

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3. Susciter l’envie d’en produire

a. Enrichir le langage oral

Mes jeunes élèves de maternelle jouaient avec les cartes Devinettes lues à la classe. Puis ils ont eu très vite envie de proposer leurs propres devinettes à leurs camarades.

Un enfant vient devant les autres avec un dessin qu’il cache contre lui, il énonce sa devinette et donne la parole aux autres enfants qui essayent de deviner l’élément dessiné. Parfois, la réponse est trouvée tout de suite; d’autres fois, l’élève complète son premier énoncé pour donner de nouveaux indices.
Il s’agit d’apprendre petit à petit à donner des indices pertinents (nom de la catégorie, description, fonction…) sans en donner trop.

b. Donner envie d’écrire

Le dessin sert de validation quand la réponse est trouvée. L’enseignant peut y écrire le nom de l’élément dessiné ou aider l’enfant à l’écrire lui-même.
Cela peut évoluer en un classeur des devinettes (dessin + texte) qui circule entre classes, dans les familles, chez les correspondants.
En CP, c’est une situation d’écriture facile à prendre en charge par l’enfant.

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