Des jeux coopératifs pour développer des relations solidaires

Lors d’un stage « Pédagogies Alternatives » à La Ferme des Enfants, Sophie Bouquet-Rabhi nous a proposé, en guise de « mise en route » l’un des matins, de jouer à des jeux coopératifs. Pour certains, cela a pu paraître anecdotique, pour d’autres, évident. Pour moi, c’était une nouvelle prise de conscience :

  • D’une part, j’ai réalisé que les jeux coopératifs, ça peut être drôle ! (en témoignent les nombreux fous-rires de ce matin-là!)
  • D’autre part, j’ai compris ce que voulait vraiment dire: « incarner ses valeurs ».

Sophie incarne la bienveillance: dans sa posture, dans ce qu’elle dit et renvoie, dans son livre (La Ferme des Enfants, Une pédagogie de la bienveillance), dans ses formations. C’est une clé selon elle pour un monde sans violence. Cette cohérence nécessite une réflexion globale, une remise en cause voire une déconstruction des allants de soi qu’on ne questionne plus (dont par exemple, les jeux traditionnels de notre culture auxquels j’ai joué et que j’ai animé maintes fois!).

Vouloir un monde de paix, des relations sereines et solidaires entre les individus et les sociétés, cela passe aussi par la nature des jeux que l’on propose.

Cet article est accompagné d’une ressource ! Le document récapitulatif « Jeux Collaboratifs: Définition, Principes, Rôle de l’enseignant et Idées de projets », créé par l’OCCE (Office Central de la Coopération à l’Ecole).
Téléchargez cette ressource en cliquant ici (PDF imprimable)

Avant de vous dévoiler des propositions de jeux (que j’enrichirai progressivement), voici pourquoi il me semble aujourd’hui fondamental de développer les jeux coopératifs à l’école et dans les familles.

Jouer avec les autres VS Jouer contre les autres

J’adore jouer aux jeux traditionnels collectifs (béret, balle aux prisonniers, thèque…) ou de société. Ce que j’aime, c’est l’idée de relever un challenge et … de gagner. En y regardant de plus près, j’ai réalisé que la plupart de ces jeux repose sur la compétition.

La compétition peut être perçue dans son intérêt positif: elle fédère les membres d’une équipe, elle crée l’envie de se dépasser, elle développe les relations sociales. Cependant, la compétition engendre des comportements néfastes: la loi du plus fort, la satisfaction d’avoir été le meilleur, la colère d’avoir perdu.

Pendant longtemps, j’ai associé Jeux Coopératifs à Ennui. Mon a priori était que ces jeux manquaient de défi. Après en avoir expérimenté quelques uns, j’en comprends mieux le fonctionnement et l’intérêt.

Jouer à un jeu coopératif, c’est agir ensemble pour atteindre un objectif commun. On y retrouve l’idée de défi (l’objectif commun) qui motive, implique et donne envie de se dépasser. Mais il n’est plus question d’envisager l’autre comme un adversaire. La relation gagnant/perdant disparaît. Soit on réussit tous ensemble, soit on « échoue » tous ensemble. Gagner revient à atteindre l’objectif commun, et pour cela, il y a nécessité de coopérer.

Cette bascule vers les jeux coopératifs nécessite donc de modifier ses représentations sur le jeu.

Et si on jouait en s’entraidant et non plus en s’opposant ?
Et si le plaisir de jouer devenait le plaisir de réussir ensemble et non plus celui de gagner contre les autres ?

« Ce n’est pas le jeu coopératif qui créé la coopération ! »

Dans le document créé par l’OCCE (Office Central de la Coopération à l’Ecole), il est expliqué que le jeu coopératif est au service de l’activité coopérative mais ne l’implique pas nécessairement. On peut vite se retrouver à faire un « pseudo jeu coopératif » qui dérive en compétition de par la règle du jeu ou l’attitude des joueurs. L’esprit de compétition est au coeur de notre société et il est souvent difficile de s’en défaire (Je sais de quoi je parle !).

Pour qu’il y ait réellement coopération, parmi les 6 composantes proposées par l’OCCE, 3 d’entre elles me semblent fondamentales:

  • « l‘interdépendance positive » : chaque joueur a besoin des autres pour accomplir sa tâche.
  • « l’engagement » : la participation de tous les joueurs est nécessaire pour réussir.
  • « les relations interpersonnelles positives: la communication, l’écoute, l’entraide, l’acceptation, la confiance, le respect »

Le choix du jeu est essentiel. Il doit répondre aux deux premières conditions: l’implication de chacun et la concertation de tous.
Quant aux relations interpersonnelles, c’est par le jeu que les joueurs vont apprendre à développer des qualités relationnelles propres à la coopération et au vivre ensemble.

Des jeux pour apprendre à se connaître et à communiquer

Les jeux coopératifs offrent de réelles situations de communication.

L’attitude du joueur est souvent le reflet de son attitude hors du jeu: est-ce qu’il ose s’affirmer ? Se pose-t-il en leader ou en suiveur ?

L’élaboration d’une stratégie, que nécessite la plupart de ces jeux, conduit les joueurs à dialoguer. Comment sont gérés les désaccords ? Comment sont prises les décisions ?

Les jeux coopératifs peuvent offrir un cadre de confiance et de respect pour que chaque enfant puisse s’y exprimer librement, oser s’affirmer pour certaines, apprendre à écouter pour d’autres… L’adulte, à la fois présent et discret, peut aider à réguler les comportements et permettre ensuite de discuter de ce qui s’est passé.

 Voici maintenant quelques propositions et ressources pour vous lancer ou vous donner de nouvelles idées   ! Il en existe quantité sur le net. A vous de choisir !

Des jeux pour créer une cohésion de groupe

Voici quelques jeux qui permettent de se défouler, de rire, de se détendre ou encore d’entrer en contact.

  • Le tapis coopératif: retourner le tapis sans en sortir.

  • Le pinceau coopératif: peindre une toile à plusieurs avec un seul pinceau !

Des jeux d’adresse

  • Le pont de singe: se coordonner pour empiler toutes les pièces de bois sur deux élastiques

Pont de singe

Des jeux de société

Je vous conseille le site suivant: http://www.jeux-cooperatifs.com/relations-solidaires/

Vous y trouverez une multitude de jeux classés par âge (dès 2 ans) et par objectif (coopérer avec ou sans rôle, gérer l’urgence, planifier…).

Cet article est accompagné d’une ressource ! Le document récapitulatif « Jeux Collaboratifs: Définition, Principes, Rôle de l’enseignant et Idées de projets », créé par l’OCCE (Office Central de la Coopération à l’Ecole).
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Partagez vos jeux préférés en laissant un commentaire ci-dessous ! Je serai ravie de les découvrir !

9 réflexions au sujet de « Des jeux coopératifs pour développer des relations solidaires »

  1. Bonjour Cécile,

    Toujours aussi intéressants vos articles !
    Durant de nombreuses années j’ai animé au sein de classes de troisième maternelle des jeux cooperatif dont deux étaient les préférés des enfants (Ecologie de Clemntoni -que j’avais un peu simplifié- et un jeu allemand avec des pompiers où la circulation et un pyromane compliquaient le jeu et où l’enfant pouvait choisir s’avancer ses auto pompes ou d’aider un confrère à le faire, sachant que le jeu serait gagné si toutes les auto pompes entouraient le bâtiment avant que les départs de feu n’aient envahi les petites maisons). Nous avions remarqué une baisse de la violence dans les jeux dans la cours dans le groupe des grands et une meilleure collaboration en classe.
    Depuis, j’ai quitté l’école mais découvert dans mes nouvelles activités les jeux de Thiagi. Ils sont aussi parfaitement adaptables en milieu scolaire, tant pour renforcer la cohésion entre l’équipe enseignante que lors des activités avec les enfants.
    Ils sont aussi un formidable outil de révision et d’évaluation pour les primaires.

    Merci de vos partages.

    Marie

  2. J’adore le jeu du tapis !
    j’avais bien aimé le jeu dans lequel on fait un cercle en se tenant par la main face à face et il nous faut, sans se lacher la main évidement, se retrouver en cercle mais dos à dos !

    Bises

  3. bonjour Cécile

    Je suis enseignante et suis très intéressée par par vos articles . Je n’ai pas réussi à m’inscrire à la news letter, comment puis faire pour recevoir vos articles?

    Belle journée
    marie

  4. Pour les plus grands, les jeux de société type l’île interdite, le désert ou Pandemic sont des jeux de coopération, tous les joueurs contre le jeu. Très sympa !

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