Le Kamishibaï au service de la compréhension, de la lecture et de l’écriture

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Le Kamishibaï est un petit théâtre d’images. De la seule lecture d’images à la création et présentation d’un récit et de ses illustrations, c’est un outil pédagogique très riche de la maternelle au cycle 3. Je vous propose, dans cet article, des utilisations possibles.

Qu’est-ce que c’est ?

Un petit théâtre d’images

« Kamishibaï » signifie théâtre de papier.

Il est composé d’un castelet en bois, portable, appelé butaï, dans lequel on glisse des planches en papier d’un format proche du A3. L’ensemble de ces planches forment une histoire. Au recto : une illustration, visible du public ; au verso : un texte et la reproduction en miniature de l’image vue par le public.

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Le butaï est posé sur une table. Les élèves sont assis devant et voient les illustrations. L’enseignant est assis derrière et lit le texte associé à chaque illustration.

 

L’origine

Le kamishibaï est un petit théâtre d’images ambulant, d’origine japonaise. Son origine remonterait au XIIème siècle. Les conteurs de rues se déplaçaient avec pour raconter des histoires aux enfants. La télévision l’a ensuite remplacé. Il reste cependant très présent dans les classes enfantines nippones. En France, il a été introduit dans les années 1970 et utilisé en pédagogie Freinet.

Conseils pour réussir la lecture d’un kamishibaï

Avant chaque lecture :

– lire le texte une première fois.
– ordonner les planches.
La disposition spécifique du texte nécessite de s’approprier la technique pour passer d’une illustration à l’autre, sans se tromper. En effet, le texte correspondant à l’image montrée au public ne situe pas derrière celle-ci mais derrière une autre image, dans un ordre cohérent.

Pendant la lecture :

– théâtraliser le début et la fin de la lecture (petite formulette, ouverture et fermeture des battants, décor, déguisement, musique…)
– lire en adaptant le ton et le rythme en fonction de l’œuvre, sans se risquer à des imitations qui manqueraient de naturel.
– en fin de lecture, penser à ne pas enlever la dernière illustration et à fermer les battants du support en bois. Sinon, vous allez remontrer la première illustration.

Une entrée captivante dans le monde des histoires

Soutenir l’attention des jeunes enfants

J’ai eu l’occasion de lire des contes sous la forme de Kamishibaï, à des élèves de Moyenne et Grande Section. A chaque lecture, ils se montrèrent curieux, enthousiastes, attentifs … émerveillés!
C’est un moment attendu, où on prend le temps de bien s’installer puis tous les regards convergent vers le petit théâtre. Le silence se fait, l’histoire commence…

A chaque fois, ce fut un réel plaisir autant pour moi que pour les élèves. Un moment de partage autour d’une culture commune, un moment où l’on se sent appartenir à un même groupe.

Que ce soit la découverte d’un nouveau texte ou une énième lecture, l’attention du public est soutenue par les illustrations constamment présentes et en grand format.
Cette forme est particulièrement bien adaptée aux très jeunes et jeunes enfants.
La mise en voix par l’enseignant joue également un rôle important pour lier le texte et l’image, et rendre ce moment captivant.

Favoriser la compréhension

En fonction de l’âge des élèves, de ses objectifs pédagogiques ou de son aisance, l’enseignant peut choisir de raconter, réciter, conter ou lire le texte.

Choisir de commencer par raconter à partir des illustrations est judicieux auprès des plus jeunes. Ce passage par l’oral avant la forme écrite permet à l’enseignant de rendre le récit explicite, les liens et le vocabulaire compréhensibles de tous. Après un travail de langage oral, une présentation avec lecture du texte peut être proposée aux élèves de Petite Section.

Pour les élèves de Grande Section, on peut lire directement le texte. Ou bien, après une lecture uniquement du texte, sans illustrations, on peut présenter l’histoire en associant illustrations et récit.

Les grandes illustrations sont un véritable outil pour susciter l’expression des élèves.
Sous forme d’images séquentielles, elles permettent d’accompagner la compréhension de l’histoire.

Du spectateur à l’acteur

Au fur et à mesure que les élèves grandissent, l’utilisation du kamishibaï se diversifie.

On peut l’utiliser pour travailler la lecture d’images, chercher un sens à partir d’une illustration, construire une cohérence dans une suite d’images.

Quand les élèves se sont appropriés l’histoire, ils peuvent à leur tour la raconter en s’aidant des illustrations, seul ou à plusieurs. Ce peut être de manière informelle, lors d’un temps libre, dans le coin bibliothèque, ou bien une présentation devant un groupe.

Enfin, les élèves devenus lecteurs lisent à leurs camarades ou à des élèves plus jeunes. Ils s’y préparent et gagnent en fluidité.

Quelles histoires choisir ?

Il existe de nombreux contes et albums de littérature de jeunesse adaptés au kamishibaï.
J’apprécie beaucoup les contes traditionnels de la collection AUZOU. Les textes sont riches !

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Edition Auzou – Lire Demain

Des albums en langue étrangère sont également disponibles. Les images visibles en simultané avec l’écoute du texte sont une aide à la concentration et à la compréhension. L’appropriation est également facilitée si c’est une histoire déjà connue des élèves.

Enfin, vous pouvez agrandir les illustrations d’albums sans texte que vous possédez déjà. Les transformer en images séquentielles, d’un plus grand format, constitue également un outil pédagogique intéressant.

Je vous invite à consulter la partie « Ressources » de l’article pour connaître les éditions diffusant des kamishibaïs.

La création d’un kamishibaï : un projet interdisciplinaire

Lorsque les élèves se sont appropriés ce support, l’envie et le projet peuvent naître de créer leur propre kamishibaï.
Ce peut être un projet individuel ou collectif, sur un temps libre ou un temps d’atelier en groupe.

Écrire

Écrire l’histoire est la première étape, la plus complexe.
En maternelle, cela se fait sous forme de dictée à l’adulte : choisir les personnages, le lieu, le moment, la péripétie, les dialogues, le dénouement, la fin. L’enseignant aide à rendre le récit cohérent.

Transposer une histoire connue ou écrire à partir des illustrations sont des aides à l’élaboration d’un récit.

Le récit est découpé en épisodes qui constitueront chacun une planche.

En Grande Section, les élèves peuvent avoir une phrase à saisir à l’ordinateur puis à coller au dos de la planche.

Un projet de correspondance peut encourager l’écriture : une classe écrit, l’autre illustre. Ou bien, une classe commence, l’autre continue…

Illustrer

Quand le récit est terminé, chaque élève ou groupe d’élèves illustrent une planche.
La question de la continuité, de la cohérence entre les illustrations se pose : comment reconnaître le lieu, les personnages d’une image sur l’autre ?
Un même élève peut être chargé de dessiner toujours le même personnage ; ou bien la photocopie d’un personnage dessiné une première fois peut servir à illustrer les différents passages ; ou encore utiliser des pochoirs, des formes géométriques…

Présenter

Après rédaction, illustration et assemblage des deux, la finalisation du projet passe par une présentation. Selon l’âge, les élèves racontent ou lisent.
La mise en voix peut faire l’objet d’un entraînement.

Des ressources

A lire

boitemagiqueLa boîte magique, Edith Montelle 2014
A partir de son expérience, l’auteure présente des histoires, des conseils pratiques et des perspectives pour l’utilisation et la création de kamishibaï auprès d’enfants et adolescents.

Se procurer des histoires pour kamishibaï

Veillez à ce que le format corresponde à votre castelet.

Se procurer un butaï (castelet)

Où commander ?
Dans la plupart des maisons d’édition qui proposent les planches: Auzou/Lire Demain, Hatier, PEMF, Wesco…

Fabriquer un butaï:

Lien de l’OCCE : un projet interdisciplinaire cycle 3

Prolongement :

Cet article est accompagné d’une ressource : l’essentiel sous forme de carte mentale au format PDF.
Téléchargez cette ressource en cliquant ici (PDF imprimable)

3 réflexions au sujet de « Le Kamishibaï au service de la compréhension, de la lecture et de l’écriture »

  1. Bonjour,
    Votre approche sur le kamishibaï est extrêmement intéressante.
    En tant qu’éditeur spécialisé de ce type de support depuis près de 10 ans sous l’enseigne KAMISHIBAIS EDITIONS, j’aimerais beaucoup m’entretenir avec vous et peut-être développer des projets communs.
    Dans l’attente d’un prochain contact, je vous adresse mes salutations.

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