Pourquoi j’ai quitté l’Education Nationale (2015)

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Je suis professeure des écoles de formation et de cœur. Depuis juin 2015, j’ai quitté l’Education Nationale et je suis partie voyager à travers le monde, avec mon mari. J’ai jeté mes classeurs accumulés au fil des années. Je n’ai gardé que les livres essentiels et les notes issues de lectures et de rencontres. Cette année de voyage est l’occasion de retrouver la sérénité, de mettre de l’ordre dans mes idées, dans mes notes et mes lectures, et de continuer à me former.

Voici pourquoi j’en suis arrivée là.

Je ne suis pas courageuse. Je n’ai pas démissionné.

Parmi les nombreux avantages du métier d’enseignant, il y a celui de la mise en disponibilité. J’ai donc obtenu une mise en disponibilité reconductible pendant plusieurs années. C’est une option plus rassurante que de démissionner car je peux retrouver un poste si je le souhaite.

Je sais que je ne souhaite pas reprendre ce poste. Mais je ne suis pas courageuse au point de couper les ponts derrière moi. C’est juste une option qui me rassure, au cas où…

J’ai voulu tout quitter:

  • ces réunions interminables qui ne parlent que rarement de pédagogie,
  • ces conseils d’école où les parents et les enseignants se disputent sans se comprendre et s’écouter,
  • ces heures de formation qui n’apportent rien ou si peu,
  • ces réformes qui se succèdent et où l’intérêt de l’enfant n’est pas toujours central,
  • ces attributions de poste d’office qui dépassent parfois toute logique et ne prennent pas en compte les attentes des enseignants,
  • ces évaluations hypocrites et inutiles qui stressent enfants et parents et qui ne font que conforter ce que l’enseignant pensait déjà,
  • cette peur de l’inspecteur et des inspections plus destructrices que formatrices…

Toutes ces frustrations cachent en réalité un malaise plus profond.

Je ne suis pas courageuse. Je n’ai rien dit.

J’ai enseigné 6 ans, de la petite section au CM2 (et même au collège, en SEGPA). 6 ans, c’est peu et pourtant j’ai déjà rencontré tellement d’enfants, de parents, d’enseignants, j’ai travaillé dans des dizaines d’écoles, assisté à des quantités de réunions et animations pédagogiques… 6 ans, pour apprendre, désapprendre, réapprendre mon métier d’enseignante, me questionner sans cesse.

J’ai observé, j’ai écouté, j’ai analysé mais je n’ai rien dit. Je ne suis pas courageuse.

On se donne des excuses.

Quand on se retrouve dans une situation qui pose problème, on cherche une explication et les raisons toutes faites ne manquent pas :

Quand un élève n’arrive pas à progresser dans les apprentissages scolaires, on dit que c’est parce qu’il n’arrive pas à se concentrer : les parents viennent de divorcer ; ou bien ils sont démissionnaires ou d’un niveau social peu élevé ; ou bien encore « il est bête » (si, si, je l’ai entendu cette année dans une salle des maîtres)…

Quand un élève chahute, ne tient pas en place sur sa chaise, ne veut pas travailler, fait une crise, on lui colle une étiquette « hyperactif », « immature », « handicapé », ou bien c’est la faute des parents qui ne savent pas l’éduquer…

On est plein de bonne volonté : on multiplie les formes d’aides et les réunions. Sans réelle formation…  Sans vraiment y croire…

Quand c’est toute une classe dont les élèves sont bavards et se mettent difficilement au travail, on dit que c’est parce que les effectifs sont trop chargés, il y a des années comme ça, ils sont fatigués, c’est Noël, c’est la pleine lune…

Il y a toujours une bonne raison d’accuser la nature de l’enfant, la responsabilité des parents ou de l’institution… et même parfois de la météo !

Mais quand questionne-t-on vraiment notre pédagogie ? Quand prend-on vraiment notre part de responsabilité, nous autres enseignants ?

Je viens tout juste de faire un stage de Communication Non violente et l’une des premières choses que j’ai apprises, c’est commencer par dire « je ». Dire « je », c’est assumer ce qu’on dit, prendre ses responsabilités. C’est remplacer le « on » derrière lequel on se cache pour juger, interpréter, déverser des croyances et des préjugés.

Alors, oui, je vais utiliser le « je » : Moi aussi, je me suis trouvée des excuses.

Elles étaient du genre : « je suis trop jeune et inexpérimentée pour exprimer ce que je pense », « je ne suis là que le mardi ; c’est la titulaire qui règlera le problème », « Dans un an, je devrai changer d’école, à quoi bon ? », «je dois avancer dans le programme », « les parents vont faire un scandale si je ne fais pas ça» …

Toutes ces excuses ne me soulageaient pas. Bien au contraire, mon sentiment de culpabilité grandissait chaque jour. Mes lectures, mes rencontres et mon groupe de réflexion me faisaient découvrir des pédagogies qui pouvaient tout changer. Mais, dans les écoles, face aux collègues et parents, je n’ai rien dit de mes doutes et de mes interrogations, ni des espoirs en ces pédagogies alternatives. Pour rester dans la norme.

C’était plus rassurant, plus confortable.

Enfin, pas si sûre…

Je ne suis pas courageuse. Je n’ai rien changé.

Pendant ma courte carrière, j’ai eu la chance d’avoir plusieurs fois ma propre classe, à l’année, dans laquelle j’ai pu m’investir pleinement : créer une relation sereine avec les élèves, les guider dans leurs apprentissages du mieux que je pouvais…

C’était loin d’être parfait. J’étais stressée, je doutais beaucoup. Les difficultés d’apprentissage des élèves accaparaient mon esprit ; mais j’expérimentais, j’apprenais. J’avais le sentiment de me rapprocher petit à petit d’une pédagogie en cohérence avec mes valeurs.

Seulement voilà, mes deux dernières années d’enseignement dans l’Education Nationale m’ont révolté. Pire. M’ont découragé. Je faisais le complément de collègues à temps partiel. Autrement dit, j’avais chaque jour une classe différente et certains jours de la semaine je n’avais pas de classe, j’étais remplaçante pour les congés maladie.

Je devais donc composer avec les collègues et bien souvent, j’ai choisi de me conformer aux pratiques et au fonctionnement en vigueur dans la classe. Cependant, je me sentais de plus en plus en contradiction avec ce que j’observais et ce que je vivais:

  • Des enfants de maternelle contraints de rester assis, le doigt en l’air en attendant l’enseignante, de répondre à des fiches abstraites, se mettre en rang bien alignés, aller aux toilettes seulement quand l’enseignant est d’accord…
  • Des élèves de CP qui n’ont plus un seul moment pour jouer, qui remplissent des fichiers (manuels) sans manipulation concrète, qui apprennent à lire sur des supports sans intérêt…
  • Des élèves de CE2 qui lisent sans comprendre, répondent par devoir ou pour faire plaisir, qui n’ont aucune envie de venir en classe…
  • Des enfants pourtant si curieux, enthousiastes et enjoués, devenant passifs, amorphes et avachis dans la classe ou bien stressés et violents …

Pour ces enfants, c’était quoi, l’école ?

  • Apprendre à obéir : apprendre à se taire, à faire ce que l’adulte dit, répondre ce qui est attendu, avec la méthode demandée, faire comme le modèle… Voilà ce qui est bien souvent enseigné. Où sont la réflexion, la recherche et la créativité ?
  • Des exercices vides de sens : remplir des fiches sur le monde vivant au lieu d’aller voir, toucher, sentir; lire des expériences dans des manuels au lieu de les vivre ; apprendre à calculer avec un semblant de manipulation de jetons et avec un fichier de cases à remplir ; découvrir une règle de grammaire puis l’appliquer dans un exercice puis recommencer… Quel intérêt pour l’ élève ?  Où sont  la manipulation et la découverte par le concret avant d’aller vers l’abstraction ? Quel sens peut-il bien donner à tout ça ?

Face à la difficulté, au manque de temps, à la pression que je me mettais et toutes autres excuses, je n’ai finalement rien changé.

J’aurais pu au moins évoquer mes questionnements, lancer des débats, chercher à impulser une nouvelle dynamique. Je n’ai rien changé.

Face à la souffrance des enfants, silencieuse ou extériorisée (sous forme de chahut ou de violence), mon sentiment d’impuissance et de culpabilité continuait de grandir. J’étais moi-même en souffrance dans une des classes, où je me trouvais dépassée par les difficultés relationnelles et d’apprentissage de chaque élève. Mon impuissance se traduisait par des colères que je ne maîtrisais pas.

Je me faisais peur !

Comment apprendre dans ces conditions ?

Je crois en une pédagogie qui apprend à penser de façon autonome et critique, qui donne envie de chercher, qui responsabilise … dans une relation de bienveillance… Et pourtant…

Je ne suis pas courageuse. J’ai abandonné.

Je n’ai rien dit, rien changé : je suis restée dans la norme, je me suis conformée. Par facilité ? Par peur du conflit, du jugement ?

J’ai finalement abandonné l’idée de vivre la classe de mes rêves dans ce système. Et pourtant…

Pourtant, je me sens investie dune mission.

La mission que j’ai choisie : celle de guider les enfants qui me sont confiés, vers le plein développement de leurs potentialités ; de leur permettre de devenir des citoyens épanouis, responsables et libres. Je pèse chacun de mes mots.
L’école joue un rôle dans la société telle qu’elle est aujourd’hui et sera demain. C’est dire toute l’importance que j’accorde à mon métier. Et c’est sûrement cette croyance qui m’a mis tant de pression.

À côté et parfois dans ce système, vivent et fleurissent des expériences positives, riches de sens et de promesses. Dont je souhaite continuer à tirer parti.

Mais j’ai un rêve qui me donne du courage…

Jusqu’ici, j’ai dit à quel point je n’étais PAS courageuse. Mais depuis mon départ, j’ai retrouvé du courage.

Le courage de partir, de lancer ce blog et d’écrire tout ce que j’ai appris et apprends encore, tout ce que je souhaite partager. Le courage de faire de mon rêve, d’abord un projet puis une réalité : celui d’ouvrir une école.

Je ne me sens pas capable de changer les choses de l’intérieur. Alors j’ai décidé de suivre ma propre route, à côté, tout en m’inspirant de ceux et celles qui ont réussi.

J’ai dressé en début d’article un tableau assez noir lié à mon expérience. Je suis un témoignage parmi d’autres d’enseignants qui partent… Mais j’ai aussi su voir le positif, puiser dans ces rencontres si riches entre enseignants, ces moments de bonheur lorsqu’un enfant apprend, est heureux de sa découverte, les rires, les sorties où l’on découvre ses élèves avec un autre regard et où on crée des liens forts…

Toutes ces expériences, positives ou négatives, sont riches d’enseignement et font ma force aujourd’hui.

Je vais œuvrer à mon échelle. Et ce blog est ma façon de partager avec vous tout ce que j’apprends en chemin.

La suite de cet article: Qui suis-je, et pourquoi ce blog existe ?

Je suis sûre que cet article vous fait réagir. Dites-moi ce que vous en pensez ci-dessous.
Je lis tous les commentaires et je vous répondrai personnellement.

15 réflexions au sujet de « Pourquoi j’ai quitté l’Education Nationale (2015) »

  1. Au contraire tu es très courageuse Cécile, de suivre ton chemin, merci pour ton blog qui me redonne de l’énergie pour avancer!
    Katia

  2. Oulala, je découvre ton blog ce soir et suis assez perturbée après lecture de ton article »pourquoi j’ai quitté l’education Nationale  »
    pourquoi?
    parce que ….je suis prof des écoles depuis 2009, soit 6 ans dans le métier,
    parce que …. j’ai eu 2 ans/6 une classe entière et le reste du temps poste fractionné tous niveaux, ZIL, poste U.L.I.S en collège, et cette année 4 compléments de direction
    parce que… depuis le début je suis profondément torturée par mes obligations , mes constatations,mes inspections, ma pratique personnelle et celle des autres et je me retrouve entièrement dans tous tes commentaires sans exception,
    parce que… j’ai commencé à faire la liste écrite de mes déconvenues depuis mon arrivée à l’E.N pour en faire une sorte d’éxutoire , pensant les publier sur le net ou même les envoyer par mél à la minitre del’EN
    parce que…. je me demande combien de temps je vais tenir dans cet état d’insatisfaction profond et quelle issue je vais choisir , la sortie? ou un poste à profil?ou?
    et parce que je m’appelle Cécile.

    je ne manquerai pas de revenir continuer ma lecture de ton blog!

    1. Bonjour Cécile !

      Que de points communs en effet !

      L’envie de quitter l’Education Nationale, par découragement, je le lis dans ton commentaire et dans les mails que j’ai reçu suite à cet article.

      J’espère que tu trouveras un moyen de vivre ton métier de façon cohérente et pertinente et de t’y épanouir.
      Se former, s’entraider, oser et lâcher prise me semblent être des actions essentielles pour avancer.

      J’ai fait le choix de partir. Cependant, je continue de penser que c’est de l’intérieur qu’il faut changer les choses !

      Bon courage et à bientôt sur le blog !

  3. Bonjour Cécile,
    nous nous sommes croisées il y a quelques années à l’école Herriot Boncour, j’étais l’Atsem de françoise.
    Je suis toujours en contact avec Françoise et c’est par son intermédiaire que j’ai découvert ton blog. Nous n’avons pas travaillé ensemble mais ce que j’avait perçu de toi c’était que tu étais pleine de bonne volonté et que tu vais envie d’apprendre.
    Ce que j’ai lu conforte cette impression et fini de me rassurer sur le fait qu’il existe encore des enseignants qui s’ont pleinement investis . Je suis persuadée que tu as de belles perspectives devant toi et que cela va aboutir sur quelque chose de positif.
    Je vais continuer à suivre ton parcours avec plaisir, amicalement.

    1. Bonjour Catherine,
      Quelle bonne surprise de te retrouver sur ce blog !
      C’est toujours très enrichissant de travailler avec des ATSEM qui s’intéressent à la pédagogie.
      Bonne lecture !

  4. bonjour Cécile,

    on doit avoir un peu pres le meme age (33 ans), j’étais à luifm en 2008 (hé oui cetait encore liufm!) à la difference de toi je n’ai pas obtenu mon concours mais jai pu faire de loooongs stages et travailler comme contractuelle quelques temps…et oh mon dieu comme tout ce que tu écris me parle…la pression des notes, du programme qu’il faut faire coute que coute, le mal etre de se dire je fais que « de la mmm… » « je vois bien quils ne comprennent pas tous mais lheure tourne… » et oh quel bonheur quand des éleves nous disent que nous, petits contractuels, nous « expliquons mieux que la maitresse! » là on a le sentiment du devoirs accompli mais c’est tellement rare! (et la remise en question fondamentale « quest ce qui a fait que dans cette situation précise les eleves sont satisfaits de mon enseignement? »)dû au manque de temps,a des enchainements d’exercices vides de sens pour ces éléves toute la journée, une inexistence de l’expérimentation( du cheminement intellectuel « du pourquoi on en arrive la?quel est le but final? »), de la manipulation,et pouvoir repondre aux questions « pourquoi on apprend çà? » « a quoi ca sert? » et on pourrait en dire encore: mener un groupe vers la connaissance et non des enfants dans leur individualité,singularité! ca nest pas possible de continuer comme ca, quand respecterera-t-on la maturité intellectuelle,émotionnelle de l’enfant? ils peuvent avoir le meme age mais pas la meme maniere d’appréhender le monde et son apprentissage , enfin cest ce que je crois… et oui cecile je suis tellement daccord avec toi: l’enfant est un etre en devenir social, il faut encourager la bienveillance, le respect de soi et des autres et le monde irait sans doute mieux si nous adultes nous montrions l’exemple de la bienveillance …en tous les cas c’est bien dommage que tu habites si loin car jai moi meme caressé le doux reve d’avoir une école ouverte sur le monde ( culturel,langagier)ou l’on pourrait appliquer un apprentissage individualisé mais je n’ai pas trouvé l’associé …et le financement pas évident non plus comment esperes tu financer l’école? a trés vite pour te lire cécile.

    1. Bonjour Genestre,

      Merci pour ton partage.

      Il existe différents moyens de trouver des personnes qui pourraient partager ton projet.
      Voici par exemple une carte des projets d’écoles alternatives:
      http://www.festival-ecole-de-la-vie.fr/forum-ecoles-alternatives/
      Il existe aussi une carte pour les écoles démocratiques et celles dites du « 3ème type ».
      Pour ma part, j’ai posté une annonce sur le site Créer son école.
      Tu peux également utilisé FB où de nombreuses infos circulent.
      La fabrique des Colibris est une autre plateforme.
      Lors de stages, tu peux rencontrer d’autres porteurs de projet.
      Où habites-tu ?

      Concernant le financement, je commence tout juste cette réflexion.
      Je pourrai t’en dire plus d’ici quelques mois.
      Je sais qu’il existe des organismes tels que La Nef ou France active.
      Certaines écoles utilisent les plateformes de financement participatif (dons) tels que Ulule.
      En hors contrat, il est nécessaire que les familles payent des frais de scolarité, mais il existe des solutions créatives pour les réduire (bénévolat des parents…).

      A bientôt !

  5. Bonjour Cécile,
    Une fois que j’ai pris ma retraite de la Banque où j’ai été Formateur professionnel, je suis devenu créateur-éditeur de jeux pédagogiques car j’ai vérifié que le jeu est la meilleure des pratiques pédagogiques, tant pour les adultes que pour les enfants.

    Aujiourd’hui, je suis dans les starting-blocks dans l’attente de la réforme que le futur Président de la République va mettre en oeuvre, dans 12.000 écoles de REP, dès septembre prochain.

    Da&ns cette attente, je mets au point des jeux pour les CP, en suivant les conseils de M. J-Michel Blanquer qui, d’après moi, sera le prochain Ministre de l’EN.
    Mais, autant je suis à l’aise avec les techniques ludiques qui font qu’un jeu « fonctionne » ou ne fonctionne pas, autant je n’ai pas d’expérience de l’éducaton des 7 ans(en dehors de ce que j’ai vécu avec mes enfants et petits enfants…).
    Je recherche un co-auteur pour co-réaliser une dizaine de jeux pédagogiques qui seront proposés à l4EN pour équiper en « outils pédagogiques ludiques » les 1000 premiers professeurs des écoles qui prendront 12 élèves chacun, dès septembre 2017.
    Auriez-vous des candidats, motivés par mon projet, à me proposer?
    J’habite à proximité de Paris et je peux me déplacer.
    Merci d’avance

    Alain

  6. Je commence à comprendre ce qui peut se passer ds la tête de mon fils. Il est en dernière année de master 2 apres une annee d alternance et le concours réussi il est confronté à une classe de ce2 3 jours par semaine le reste du temps à l université cela fait deux semaines Et deja Il doute de ses capacités de ses envies . Les élèves sont dissipés c est difficile deja, Il y a aussi le trajet dans les embouteillages.. il a ce rêve depuis l âgé de 10 ans Mais j ai peur qu il abandonne trop vite et je ne sais pas comment l aider. Mais je comprend certaines choses avec votre discours Et ca renforce les craintes Bonne chance à vous pour la suite

  7. Cécile,
    je suis assez bouleversée par ton parcours… Enseignante depuis 2005, je sens dans ce que tu décris autant de passion que je peux en avoir, autant l’envie de faire bouger les choses… Et c’est parfois tellement dur… Mais on a tellement besoin de personnes comme toi !!! Je suis une éternelle optimiste, et même si certains jours on se demande si ce vieux dinosaure qu’est l’éducation nationale, pourra un jour évoluer, il y a des petits miracles qui se produisent. Je me suis épuisée à vouloir faire changer certains de mes collègues, et puis finalement j’ai choisi d’opérer le changement plus modestement, dans ma petite classe et figure-toi que ce sont finalement les gens qui viennent à moi petit à petit. J’ai le sentiment qu’il y a un réel mouvement qui est en train de s’opérer, qu’il y a plus d’enseignants qui ont l’envie de rendre les enfants épanouis et heureux que d’enseignants qui s’en foutent… Le changement doit venir d’en bas, il ne viendra pas de nos supérieurs, mais pierre après pierre, on construit l’édifice. C’est très courageux de ta part d’avoir fait le choix d’arrêter plutôt que de continuer sans pouvoir être toi même, et ça confirme le fait que tu es une très bonne enseignante… Si seulement on avait pu se rencontrer… peut-être ce message te redonnera l’envie, qui sait… (éternel optimisme qui récidive…) En tous cas je te souhaite de beaux projets et je te remercie pour ton site et ton partage.

  8. Je viens de tomber sur ton article et je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis. 6 ans que j’enseigne de la maternelle au CM2 … et j’arrive aujourd’hui à bout. L’éducation Nationale a tué la petite flamme de plaisir au fond de moi. Je suis comme toi, j’aspire à une éducation bienveillance et à des pédagogies alternatives mais je suis épuisée par tous les à côtés administratifs dont tu parles. Merci pour ton partage sur le sujet.

  9. Bonjour Cécile,

    Merci pour ce site 🙂

    Est-ce que tu es toujours en voyage autour du monde ?
    Si oui je serais ravie de t’accueillir et de discuter pédagogie à Madagascar.

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